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Landmark

Auberge du Quai

3 min de lecture

La première chose qu'on entend depuis le quai, c'est l'auberge. Pas la gare, pas les marchands, pas les bêtes. L'auberge. Un bruit de voix, de bois qui grince, de quelqu'un qui rit trop fort. Elle est là depuis avant que le Déversoir porte ce nom, et son tenancier aussi.

Une bâtisse de deux étages collée contre la gare, dont la façade a pris la couleur du désert à force d'y être exposée. La porte est ouverte. De l'intérieur vous parvient une chaleur humaine, de la fumée, le bruit d'une dizaine de conversations qui ne s'écoutent pas. Un tableau de bois cloué près de l'entrée est couvert de papiers, de contrats griffonnés et d'offres d'emploi dont certaines semblent dater de la semaine passée et d'autres de beaucoup plus longtemps.

Informations Générales

Le Lieu

L'Auberge du Quai n'a jamais été rénovée, seulement rafistolée. Les tables ont été remplacées par morceaux, les bancs aussi. Le comptoir est le même depuis le début, une planche épaisse rayée par des années de chopes posées trop fort. Le rez-de-chaussée sert à boire et à manger. L'étage, à dormir, dans des chambres si étroites que deux personnes ne peuvent pas s'y croiser sans se toucher.

Le tableau d'affichage près de la porte est la raison pour laquelle beaucoup s'arrêtent ici avant d'aller ailleurs. Offres d'emploi, contrats de transport, demandes de guides pour les pistes du désert. N'importe qui peut y épingler quelque chose contre une pièce de cuivre. Sorvel n'en lit pas le contenu. Ce n'est pas son affaire.

Mulhad

Le tiefling derrière le comptoir a des cornes courtes et une peau de la couleur de la cendre froide. Il est grand, voûté d'une façon qui suggère qu'il a décidé à un moment d'occuper moins d'espace. Il vous regarde arriver avec une expression qui n'est ni accueillante ni hostile, juste celle de quelqu'un qui a vu trop de gens entrer par cette porte pour que ça l'intéresse encore vraiment.

Mulhad est né dans l'Enclos, à une époque où les gares n'existaient pas encore et où le Déversoir ne s'appelait pas comme ça. Il a vu le quartier pousser autour de lui, les maisons s'installer, les règles changer. Il a repris l'auberge de sa mère sans vraiment décider de le faire. Il est resté sans vraiment décider de ça non plus.

Il connaît tout le monde dans le Déversoir et beaucoup de gens dans les autres quartiers. Il ne pose pas de questions, ne fait pas la conversation, sert ce qu'on lui demande. Les habitués savent qu'il écoute quand même.

J'ai vu cette ville pousser. J'ai vu des gens arriver avec des projets et repartir sans. J'ai vu des gens arriver avec rien et finir par posséder quelque chose. La gare change pas ça. Elle accélère juste le tri.|Mulhad, au comptoir, à quelqu'un qui ne demandait rien