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Faction

La Prélature

Supérieure à la noblesse, la Prélature gouverne le culte de la Chair Éternelle et les institutions chargées de la protection contre le soleil. Ses décisions règlent les priorités d'entretien et les fournitures. Son Office du Repos enquête sur la Reprise, entre secours, surveillance et confinement.

4 min de lecture

La Prélature dirige le culte de la Chair Éternelle et exerce une autorité supérieure à celle de la noblesse. Ses membres, les prélats, gouvernent les institutions qui entretiennent le sanctuaire et assurent le maintien de la couverture sombre. Leurs décisions déterminent qui reçoit des fournitures, quels travaux passent en premier et quelles obligations les grandes maisons doivent remplir.

Au-dessus des nobles

Les nobles possèdent des domaines, des usines et des gardes. Ils disposent d'argent, de relations et d'une autorité locale réelle. La transmission d'un titre exige pourtant la reconnaissance de la Prélature. Hériter d'une propriété ne suffit pas à obtenir tous les droits attachés au rang de son ancien détenteur.

Une famille finance des réparations au sanctuaire, cherche une place dans le clergé pour l'un des siens ou négocie une livraison indispensable à ses ateliers. Ses richesses lui permettent d'être entendue. Elles ne lui donnent pas le dernier mot. Lors d'une audience, un noble reste debout jusqu'à ce que le prélat l'autorise à s'asseoir.

Les moyens de commander

La Prélature contrôle les institutions responsables de la protection contre le soleil. Elle peut imposer des obligations de service et décider de l'attribution de fournitures essentielles. Un ordre passe ensuite par des bureaux, des entrepôts, des équipes et des transporteurs. Les gardes font respecter les décisions contestées.

Ce pouvoir se mesure dans la vie ordinaire : une affectation dangereuse, une demande qui attend, une réparation autorisée avant une autre. Ceux qui peuvent payer disposent d'intermédiaires et d'introductions. Les autres perdent du temps de travail aux guichets ou acceptent une tâche pour conserver leur logement.

La protection assurée par ces institutions est réelle. Une famille peut craindre les prélats et souhaiter que leurs installations continuent de fonctionner. Les besoins de l'entretien servent aussi à justifier des privilèges dont les ouvriers contestent le coût.

L’Office du Repos

La Prélature confie à l’Office du Repos les enquêtes sur la Reprise et ses débordements. Ses agents recueillent les récits des proches, consultent les registres funéraires et recherchent les gestes ou les paroles qui se répètent pendant une crise. Ils peuvent faire évacuer une pièce, saisir un objet soupçonné d’intervenir dans la manifestation ou imposer le confinement d’une personne. Certaines familles les appellent après avoir vu l’eau monter dans une chambre sans conduite percée, ou un proche étouffer sous un poids invisible.

L’Office conserve des méthodes capables d’interrompre certaines manifestations. Ses agents se divisent sur leur emploi et sur le sort des personnes confiées à leur garde. Un interrogatoire qui force la personne à prononcer un nom ancien peut aggraver la crise. Cette réaction ne confirme pas les soupçons des agents. Des familles aisées paient pour garder une crise à huis clos ; ailleurs, un signalement peut faire perdre un logement avant même que les témoins aient été entendus.

Les prêtres et la caste

Tous les prêtres n'appartiennent pas à la Prélature. Certains vivent dans les quartiers pauvres, partagent leurs pénuries et organisent les funérailles ou les secours avec les moyens du voisinage. Ils restent soumis à une hiérarchie dont ils peuvent désapprouver les ordres.

Un prêtre peut défendre une famille sans cesser de croire à la Chair Éternelle. Un prélat peut payer des soins tout en maintenant une affectation dangereuse. La foi, les intérêts et les actes ne coïncident pas toujours.

Les municipalités, les employeurs et les associations conservent leurs fonctions sous cette autorité. Obtenir l'aide d'une caisse ou faire publier une plainte peut changer une situation précise. Cela ne donne pas à ces institutions les moyens d'écarter un décret de la Prélature.

Faire reconnaître une urgence

Au sanctuaire, Aubin Tessier transmet les besoins de son équipe et répond des accès qu'il fait ouvrir. Solange Veyre joint aux demandes les observations prises sur les appuis. Les bureaux de la Prélature peuvent réclamer des justifications ou maintenir une priorité contestée. Lorsque des fournitures promises aux cultures sont détournées vers une réparation, Jeanne Sorel cherche les reçus des deux destinataires ; Berthe Lormet compte les repas que l'attente oblige à servir. Le décret atteint ainsi des gens qui n'ont pas participé à sa rédaction.

J’ai laissé mon ouvrage au voisin pour venir demander les fournitures. S’il faut revenir demain avec un autre papier, dites-moi lequel, et à quel guichet cette fois.

— Un artisan dans les bureaux de la Prélature