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La région

Autour de Mérance, le rail et les routes desservent bourgs, fermes et domaines. Nourriture, combustible, pièces et voyageurs empruntent les mêmes voies. Sous la couverture sombre, il faut pouvoir payer le trajet et trouver où s’abriter du soleil.

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La région

À l’intérieur des terres, Mérance, grande ville de la région, est entourée de bourgs et de campagnes : fermes, domaines, ateliers et maisons dispersées. Sur les rails et les routes arrivent provisions, combustible et pièces de rechange. Les voyageurs viennent travailler, consulter un médecin ou retrouver leurs proches.

La ville et les bourgs

On vient en ville pour une consultation, une démarche ou un emploi introuvable près de chez soi. Les services administratifs, les commerces et les maisons de soins y sont rassemblés. Le voyage coûte le prix du transport, parfois celui d’un lit, et des heures prises sur le travail.

Le rail rejoint Brévannes, ses ateliers ferroviaires, ses entrepôts et sa halle. Un embranchement dessert Ormeval : ses manufactures produisent des pompes, des vannes et des pièces d’atelier. Depuis Brévannes, la route mène à Fontenac, où les familles venues commémorer leurs morts trouvent des auberges, des artisans funéraires et la chapelle des Noms.

Pour gagner Vaucreux, on rejoint par la route le bourg voisin du domaine, puis on suit l’allée jusqu’à la maison. Les grandes propriétés peuvent fermer leurs grilles. Il leur faut toujours les livraisons et le travail des environs.

Les campagnes et les livraisons

Sous la couverture noire, les champs donnent peu. Sous abri, les cultures réclament de la lumière et une alimentation régulière en énergie ; le combustible manque aussi dans les logements et les ateliers. On complète les récoltes avec les réserves, les denrées conservées et les marchandises achetées ailleurs. Tous n’ont pas les moyens d’en faire un repas.

Un retard de livraison suffit à faire monter les prix dans les bourgs. Sur un domaine, une même famille travaille parfois pour les propriétaires depuis plusieurs générations. L’employeur peut fournir le toit, le transport ou l’accès aux soins. Quitter sa place oblige alors à retrouver de quoi se loger, se déplacer ou se faire soigner en même temps que de quoi vivre.

Circuler sous le ciel sombre

Le jour reste gris. Tant que la couverture est intacte, on travaille dehors et l’on voyage. Une déchirure laisse entrer un soleil capable d’infliger des brûlures mortelles. Il faut pouvoir atteindre un abri. Ceux qui paient une voiture fermée ou un logement entretenu disposent de protections que d’autres peinent à obtenir.

La Prélature impose son autorité aux pouvoirs locaux comme à la noblesse. Elle dirige les institutions qui entretiennent la couverture protectrice. Sous son autorité, communes, paroisses, entreprises et associations poursuivent leurs activités. On s’adresse aux unes ou aux autres pour des soins, une demande à faire reconnaître, un secours. On prend aussi la route pour le marché, une visite à la famille ou la Foire des ateliers de Brévannes.

Je connais le prix du train pour Mérance. Ce que je ne sais jamais, c’est s’il faudra payer un lit avant de pouvoir repartir. J’emporte de quoi rester, et j’espère revenir avec mon argent.

— Un habitant d’Ormeval allant consulter en ville

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