Faction
La Caisse des métiers
Les cotisations de la Caisse des métiers paient des secours, des trajets et quelques nuits à l'abri. À Brévannes et à Ormeval, ses membres des deux peuples débattent de la part à réserver aux urgences, alors que les demandes dépassent souvent l'argent disponible.
La Caisse des métiers réunit des travailleurs de Brévannes et d'Ormeval. Leurs cotisations servent à aider ceux qu'une maladie ou un accident prive de salaire. Quelques jours sans paie suffisent à manquer de pain, de combustible ou d'argent pour le loyer. Les membres des deux peuples participent aux assemblées et aux votes.
Une aide concrète
La Caisse peut contribuer au prix d'un trajet, payer une consultation juridique ou verser une aide pendant un arrêt de travail. Elle loue deux chambres au-dessus d'une boulangerie, avec des couvertures usées et un point d'eau sur le palier. Elles offrent un toit à ceux qui n'en ont plus. Elles ne protègent pas leurs occupants d'un propriétaire qui réclame son dû ou d'hommes venus chercher un témoin.
Berthe Néraud, la trésorière, présente les dépenses aux assemblées. Une réserve permet de répondre à certaines urgences concernant des personnes qui n'ont pas cotisé. Ces décisions sont consignées pour que les membres sachent à quoi leur argent a servi.
Des désaccords entre membres
Certains veulent réserver l'essentiel des fonds aux cotisants. D'autres rappellent qu'une personne récemment privée d'emploi peut avoir besoin d'aide avant de pouvoir adhérer. Berthe doit parfois annoncer qu'une famille recevra moins que ce qu'il lui faut. Ceux qui prennent cette décision connaissent les personnes qui rentreront chez elles sans assez d'argent.
À Ormeval, la Caisse offre un recours aux familles qui dépendent des services de Ravel. Elle ne dispose toutefois ni d'un dispensaire complet ni d'assez de logements pour accueillir tous les ouvriers en conflit avec l'entreprise.
Faire durer l'entraide
À la Foire des ateliers, des bénévoles tiennent un stand de nourriture dont les recettes alimentent la réserve d'urgence. Les ingrédients sont comptés avant de décider combien de portions pourront être vendues ou données. Des membres cuisinent après leur service à l'usine. Leur fatigue et ce qu'ils prélèvent sur leurs propres provisions font partie du prix de cette aide.
Pour les équipes du sanctuaire, Berthe Lormet peut transmettre une demande de secours à Berthe Néraud. Les deux femmes comparent les repas déjà fournis, les avances de l'épicerie et les jours d'arrêt annoncés. La trésorière ne rembourse pas automatiquement les dettes de la cuisine. Solange Veyre demande aussi que l'apprentissage d'un remplaçant soit payé : compter sur un bénévole laisse sans revenu celui qu'il faut former et surcharge celui qui lui enseigne.
Laissez-moi les oignons, je peux encore les éplucher assise. Pour les marmites, il faudra demander à quelqu’un d’autre : depuis mon accident, je ne soulève plus ça.