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Culture

La Foire des ateliers

Deux jours d'automne réunissent à Brévannes les métiers, les marchands et les visiteurs des bourgs. On y apporte des réparations, découvre un spectacle et reste parfois pour le bal. Entre une démonstration et une vente nécessaire, les artisans doivent choisir ce qu'ils peuvent encore prêter ou montrer.

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Chaque automne, Brévannes accueille deux jours de foire consacrés aux métiers des environs. Des câbles alimentent les lampes entre les étals rafistolés. Les charrettes creusent le sol et les fumées de cuisson restent sous la halle. On vend des oignons, des champignons et des conserves, quelques poires gardées en réserve et des fruits frais coûteux venus de cultures protégées. Les artisans reçoivent surtout des objets que leurs propriétaires n'ont pas les moyens de remplacer.

La foire se tient sous la couverture habituelle du ciel. Les organisateurs indiquent les abris où se rendre si une trouée lumineuse apparaît. Trouver des lampes et garder l'accès aux abris dégagé fait partie des préparatifs.

Montrer ce que l'on sait faire

Les apprentis présentent des pièces mesurées avec soin, fabriquées sur des machines parfois maintenues par des réparations de fortune. La famille Delmas apporte un jouet musical mécanique et du matériel de cinéma remis en état. Lise prépare sa démonstration sonore avec des raccords dépareillés, dans l'espoir d'obtenir un engagement payé.

Les Établissements Ravel exposent aussi leurs produits. Leur stand attire du monde, sans leur donner autorité sur les autres exposants. L'emplacement des tables, les frais et l'arrivée des marchandises suffisent déjà à occuper les organisateurs.

Sous la halle, la démonstration de Lise Delmas exige un raccord qu'un client veut acheter pour remettre son appareil en service. Garder la pièce permettrait de faire entendre le programme ; la vendre paierait une partie du voyage espéré. Lise a les mesures et le client son bon de commande. Un prêt limité, une démonstration plus courte ou la fabrication d'une autre pièce peuvent être discutés avec ceux qui prêteront le matériel ou travailleront dessus. Le public veut surtout entendre ce qu'elle prépare, et les organisateurs doivent lui réserver une heure où les livraisons ne couvriront pas tout le son.

Manger et rester pour le bal

La Caisse des métiers vend de la nourriture au profit de sa réserve d'urgence. Des visiteurs comptent leur monnaie devant le prix de la soupe. Les négociants qui ont réservé mangent dans une salle chauffée, servis par des employés qui traversent la cour avec leurs plats. Le Courrier des bourgs imprime le programme. Des amateurs jouent sous la halle avant que la place soit dégagée pour la danse.

Les habitants des deux peuples peuvent assister aux manifestations publiques sans carte de membre. Le voyage, la nourriture et une journée sans travailler restent pourtant hors de portée de certaines familles. Ceux qui viennent seulement danser repartent parfois à pied pour garder le prix du retour.

Les voisins se retrouvent près des pots de fleurs ou gardent une place sur un banc pour quelqu'un encore au travail. Les meilleurs danseurs ne sont pas toujours ceux qui ont payé un repas chaud. Quand une musicienne reconnaît un air demandé, une partie de la halle chante assez faux pour couvrir les autres conversations. On peut être venu chercher une commande et repartir avec un roman prêté, un rendez-vous ou la promesse de réparer ensemble une bicyclette.

Les autres rendez-vous

Les organisateurs annoncent aussi les sorties à vélo d'Ormeval, le théâtre de Fontenac et les séances de cinéma. Entre voisins, on se prête des romans et l'on répare un vélo pour permettre à quelqu'un de venir. Entendre sa fille jouer, revoir un parent ou danser quelques minutes peut être ce pour quoi une personne a économisé pendant des semaines.

Au théâtre de Fontenac, certaines représentations sont préparées pour la brève floraison des éventails de craie. Des cultivateurs réservent leurs pots, tandis que les décorateurs découpent des fleurs de papier pour le cas où les boutons resteraient fermés. Après la représentation, les interprètes partagent les tiges fraîches avec ceux qui ont prêté les costumes. À la foire de Brévannes, les perles de veille se vendent en pots que les visiteurs viennent sentir avant de compter leur monnaie.

Je cherche une pièce pour mon vélo, mais j’ai promis de rester pour le bal. Si vous la retrouvez, mettez-la de côté ; je passerai après, quand j’aurai fini de danser.

— Une visiteuse de la foire de Brévannes