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Générique

Vivre sous le ciel noir

Une couverture sombre protège la région d'un soleil capable de brûler les corps. Sous sa faible lumière, les habitants cultivent, transportent leurs denrées et cherchent des abris. Le prix du combustible relie le repas du soir, les récoltes éclairées et l'entretien du sanctuaire.

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Le jour, une lueur grise traverse la couche noire qui recouvre la région. La nuit, les rues dépendent des lampes que l'on peut encore alimenter. Les horaires distinguent le matin du soir, les saisons passent, mais personne ne compte sur le soleil pour faire sécher du linge ou sauver une récolte.

Quand le ciel s'éclaircit

Une trouée lumineuse suffit à vider une cour. Les ouvriers abandonnent leur charge et cherchent un toit. Le soleil fait rougir la peau, blesse les yeux, puis provoque des brûlures graves. Une personne retenue dehors peut en mourir.

Sous la couche intacte, les gens travaillent, voyagent et tiennent leurs marchés. Ils connaissent les passages couverts et les portes où demander refuge. Les quartiers riches disposent d'abris entretenus et de voitures fermées. Ailleurs, rejoindre le bâtiment le plus proche peut obliger à traverser une voie ou à laisser sa marchandise sans surveillance. Une fenêtre ordinaire ne garantit pas une protection suffisante.

La pluie laisse des traces grasses sur les murs et souille les réserves mal couvertes. Il faut protéger l'eau, nettoyer les récipients et trouver de quoi traiter ce que l'on boit. Ces tâches prennent du temps, du combustible et de la place dans des logements qui en manquent déjà.

Produire de quoi manger

Les champs donnent peu. Dans les serres éclairées, les cultures dépendent des lampes, des pièces de rechange et d'une alimentation régulière. Une panne qui dure peut détruire une récolte. Les propriétaires capables de payer ces installations décident du prix d'une grande partie des produits frais.

Les familles pauvres achètent de petites quantités, font durer les conserves et complètent leurs repas avec les champignons cultivés sur les déchets agricoles. Une mauvaise récolte réduit aussi les déchets disponibles pour les champignonnières.

Les trains apportent des denrées conservées, du combustible et des récoltes achetées ailleurs. Tout se paie, et une livraison retardée suffit à faire monter les prix. L'éclairage des cultures consomme de l'énergie dont les maisons et les ateliers ont également besoin. Chauffer un logement et sauver une récolte peuvent dépendre du même arrivage.

Chez les plus riches, des jardins intérieurs restent éclairés et des légumes frais paraissent à table. Un enfant des logements ouvriers peut découvrir son premier arbre fruitier en accompagnant une livraison dans l'une de ces maisons.

Ce qui maintient la couverture

Les rejets de la Chair Éternelle contribuent au maintien de la couche sombre. La Prélature dirige les institutions chargées de cette protection. Les prélats en invoquent la nécessité lorsqu'ils réclament du travail, du combustible ou la priorité sur une livraison.

La fumée d'une locomotive ne remplit pas, à elle seule, la même fonction. Des habitants peuvent demander qu'un atelier cesse de salir leurs chambres sans vouloir livrer leur quartier au soleil. Les désaccords portent aussi sur les quantités nécessaires, la répartition des moyens et les risques imposés aux équipes d'entretien.

Le lendemain

Il n'existe pas de récit public admis sur l'origine de cet état du ciel. Les explications se contredisent. Devant un vieux tableau, certains se demandent si le bleu peint au-dessus des maisons a jamais existé. Les denrées venues de loin ne disent pas sous quelle lumière elles ont poussé.

Au quotidien, il faut surtout trouver du pain, réparer une lampe, soigner une brûlure ou rentrer sans perdre sa paie. On partage un repas, on recoud un manteau, on garde une place pour un proche sous un toit. Le lendemain apporte d'autres besoins, parfois une aide que l'on n'attendait plus.

À Ormeval, les cultivateurs confrontent leurs réserves aux livraisons annoncées. Au sanctuaire, Aubin Tessier doit justifier les fournitures demandées pour une réparation. Jeanne Sorel peut comparer les reçus sans avoir accès à toutes les décisions de la Prélature. Réaffecter une livraison ne fait pas disparaître les besoins : des semis attendent leur éclairage, une cuisine son combustible, une équipe la pièce qu'elle doit poser.

Quand la cour s’éclaircit, je laisse les sacs et je rentre. Je sais combien vaut la marchandise. J’aimerais seulement que celui qui me demande d’aller la chercher attende de pouvoir sortir avec moi.

— Un manutentionnaire