Espèce
Les humains
Majoritaires dans la région, les humains trouvent plus facilement leur parole reconnue au guichet ou devant un tribunal. Cet avantage ne les préserve ni de la pauvreté ni du manque de soins. Entre propriétaires, salariés et familles, les ressources, les convictions et les intérêts diffèrent.
Les humains sont majoritaires dans la région. Ils dominent les tribunaux reconnus, les autorités paroissiales, les corporations de métiers et les institutions charitables. Au bureau, un humain a davantage de chances d’être reçu comme un demandeur légitime ; son témoignage est plus volontiers accepté. Même sans maison ni économies, il dispose de cet avantage.
Une place reconnue, des conditions inégales
Des familles humaines possèdent des domaines et des usines. D’autres vivent d’un salaire, louent une chambre ou dépendent des soins d’un dispensaire. Que leur parole soit reconnue ne leur garantit pas d’être entendues équitablement contre un propriétaire. Encore faut-il avoir les moyens d’attendre la décision.
Faute d’argent, un ouvrier blessé peut reprendre son poste. Une famille craint parfois de perdre le logement fourni par son employeur. Les gardes protègent plus volontiers les biens du patron qu’un salarié venu réclamer ses outils ou sa paie. Les habitants aisés peuvent payer leurs démarches et se reposer ; les autres continuent souvent à travailler tout en cherchant du secours.
Au-dessus de la noblesse commande la Prélature. Un ouvrier humain n’a ni les ressources ni le pouvoir d’un responsable qui appartient pourtant au même peuple que lui.
Des métiers et des engagements
On apprend dans les ateliers, les maisons de soins, les bureaux, auprès de praticiens expérimentés. Médecine, archives et médiumnité exigent chacune leurs connaissances. Naître humain ne les enseigne pas.
Des intérêts communs rapprochent des voisins des deux peuples ; un désaccord peut diviser une seule famille. À Brévannes, Louise Perrin dirige le Courrier des bourgs et cherche à corroborer les récits qu’elle publie. À l’atelier Delmas, Paul Vernet, salarié humain, conteste les retenues sur la paie des apprentis. Leurs actes répondent à des responsabilités et à des désaccords précis.
Dans les foyers, on prépare un mariage, on discute d’un départ ou d’un apprentissage, on choisit comment enterrer un proche. Les convictions religieuses et les usages funéraires varient. Certains défendent l’institution dont ils dépendent ; d’autres aident un voisin à la contester. Dans chaque cas, il y a des proches, des besoins et quelque chose à perdre.
Ils ont accepté ma déposition sans me demander de protecteur. Mon voisin connaît pourtant l’affaire aussi bien que moi. S’il faut que je revienne avec lui, je reviendrai, mais il faudra trouver qui fera mon service.