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Lieux de l'étrange du Désert de Morte-Pierre
Personne ne les a tous vus. Certains doutent que tous existent vraiment. Pourtant les noms circulent, répétés dans les auberges de Caer-Nergal, glissés entre deux gorgées par des voyageurs qui ne terminent jamais leurs phrases. Les anciens du désert n'en parlent pas facilement, et quand ils le font, c'est en regardant ailleurs. Ce que cachent les sables du Désert de Morte-Pierre ne répond pas aux questions qu'on lui pose. Cela attend, simplement, que quelqu'un arrive.
Informations Générales
Présentation
Le désert ne dévoile rien qu'on ne soit prêt à trouver. Cette phrase, répétée comme une prière par ceux qui ont passé leur vie dans les sables, prend une signification particulière quand on examine les témoignages accumulés au fil des décennies. Des endroits que plusieurs personnes ont décrits de façon concordante, sans jamais s'être rencontrées, sans jamais avoir pu indiquer un chemin pour y retourner. Des lieux qui existent dans la mémoire plus clairement qu'ils n'existent dans le sable.
Ce recueil ne prétend pas à l'exhaustivité. Il compile ce qui a pu être recueilli, confronté, retenu.
La Salle des Soixante-Douze Seuils
Devant vous, une ouverture dans la roche, taillée trop proprement pour être naturelle. Le linteau est orné de symboles que vous ne reconnaissez pas. À l'intérieur, une pièce vaste. Et dans cette pièce, des portes. Des dizaines de portes, toutes fermées, toutes différentes. Certaines sont en pierre, d'autres en métal oxydé, d'autres encore en un matériau que vous n'arrivez pas à nommer. Aucune ne porte de poignée. L'air sent quelque chose de très vieux. Pas de la pourriture. Autre chose.
Trois personnes distinctes ont décrit cette salle en des termes presque identiques, à des années d'intervalle. Un mineur déserteur de Fernoir, revenu fou. Une marchande de Caer-Shataum qui ne cherchait pas ce qu'elle a trouvé. Un éclaireur des Yeux Pâles dont le rapport a été déposé à Fort Dhordarak, puis retiré de la circulation sans explication. Aucun des trois n'a pu fournir de coordonnées utilisables. Aucun n'a pu dire combien de temps il y était resté.
Ce qui revient dans les trois témoignages : les portes ne sont pas décoratives. Elles mènent quelque part. Et certaines, selon la marchande, avaient été ouvertes récemment. Elle avait vu la lumière filtrer sous l'une d'elles.
La structure ne semble pas avoir été construite pour des créatures humanoïdes. Les proportions sont légèrement fausses, les angles légèrement incorrects. Pas de façon grotesque. Juste assez pour que le corps ne se sente jamais tout à fait à l'aise.
J'ai compté. Puis j'ai recompté. Le nombre changeait à chaque fois. Je n'ai pas touché aux portes. Je n'aurais pas su laquelle choisir, et quelque chose dans cet endroit me disait que choisir la mauvaise aurait été définitif.|Recueil de témoignages du Désert, Vol. III, scribe anonyme de Caer-Nergal
Rumeurs
Un commanditaire discret à Caer-Nergal cherche des gens capables de retrouver la salle. Il ne précise pas pourquoi maintenant, ni depuis quand il la cherche. Il paie bien. Il pose beaucoup de questions sur les portes.
Un erudit possède un objet de métal inconnu qui ressemble, dit-il, à quelque chose qu'il a vu en rêve depuis des années. Depuis qu'on lui a décrit les seuils, il ne dort plus.
Le Miroir des Sables Visages
La dune devant vous est comme les autres. Puis vous regardez mieux. Le sable forme un visage. Votre visage. Mais plus vieux. Ou peut-être différent. Vous n'êtes pas certain que ce soit vous. Le vent souffle. Le visage ne bouge pas.
Les Sables visages sont connus depuis longtemps dans le désert, mentionnés dans des récits anciens comme une curiosité désagréable mais inoffensive. Ce qu'on appelle le Miroir est autre chose : une portion des Sables Visages où le phénomène atteint une intensité qualitativement différente. Pas un visage dans le sable, mais une correspondance. Une réponse.
Les voyageurs qui s'y sont attardés reviennent avec des certitudes qu'ils ne peuvent pas expliquer. Une femme de Magala est rentrée convaincue de savoir comment elle mourrait. Un marchand caravinier a brûlé toutes ses lettres deux jours après son retour, sans donner d'explication. Un vieux caravanier né dans le désert, l'un des rares à en parler, a dit simplement que le Miroir ne ment pas, mais que la vérité qu'il montre n'est pas nécessairement celle du présent.
Le Miroir ne semble pas toujours au même endroit. Il se déplace, ou le désert se réorganise autour de lui.
Ce que peu de gens savent, ou veulent savoir : Les Sables visages existent aussi dans l'Ombreterre, au premier niveau sous la surface. Un phénomène identique, décrit dans les mêmes termes par ceux qui y ont survécu. Des visages dans le sable. Un regard qu'il ne faut pas soutenir trop longtemps. Les rares explorateurs qui ont vu les deux versions ne s'accordent pas sur la question la plus importante : est-ce le même endroit, vu depuis deux côtés d'une même membrane? Ou deux manifestations distinctes d'une même chose, qui se répondent dans l'obscurité?
Le désert te montrera ce que tu es. Le Miroir te montrera ce que tu pourrais ne pas être. Ce n'est pas la même chose. La plupart des gens ne voient pas la différence. C'est pour ça que ça les abîme.|Vieille Marusse, née et morte dans le désert, Magala
Rumeurs
Un personnage influent de Caer-Nergal a croisé le Miroir il y a plusieurs mois. Ses décisions depuis semblent guidées par quelque chose qu'il a vu. Ses proches ne reconnaissent plus ses raisonnements. Certains s'inquiètent. D'autres voudraient savoir ce qu'il sait.
Les Trois Sèches cherchent quelqu'un capable de décrire ce que le Miroir reflète quand il est seul, sans observateur. Elles ne disent pas comment ce serait possible. Elles semblent penser que quelqu'un pourrait trouver.
Un habitant de Kalamiria, en Ombreterre, jure avoir vu le visage d'un surfacien dans Les Sables visages souterrains. Pas le sien. Quelqu'un d'autre, qui semblait regarder vers le bas depuis une grande hauteur. Ils s'étaient regardés une fraction de seconde avant que le sable bouge. Il n'a jamais su qui c'était. Ni si la personne avait vu la même chose depuis l'autre côté.
L'Antre-Qui-Respire
Vous entendez le son avant de voir l'entrée. Un souffle lent, régulier, profond. Comme un être endormi de la taille d'une montagne. L'air qui sort est plus chaud que le désert. L'air qui entre, lui, est froid. Glacial. La roche autour de l'ouverture est polie, lisse, comme usée par un frottement répété. Depuis très longtemps.
Certains croient à une formation géologique. De l'air chaud qui s'accumule dans des cavités souterraines, se dilate, se contracte avec les variations de température du désert. C'est l'explication raisonnable. Ce sont ceux qui ne s'y sont pas approchés qui la donnent le plus facilement.
Ceux qui se sont approchés parlent d'autre chose. D'un rythme trop précis, trop lent, entre douze et quinze secondes selon plusieurs témoins indépendants. D'une impression de chaleur vivante, pas de roche chauffée. Et d'une certitude, difficile à formuler, que quelque chose à l'intérieur perçoit leur présence.
Aucun des témoins connus n'est entré. Ceux qui ont tenté de s'approcher de l'ouverture décrivent un malaise physique croissant, une pression dans les tempes, une confusion sur la direction des sons. Deux éclaireurs ont fait demi-tour en courant sans pouvoir expliquer pourquoi.
Les Trois Sèches nient avoir exploré le lieu. Ce qui est, en soi, une information. Les Yeux Pâles, qui répertorient pourtant tout ce qui peut se monnayer dans le désert, n'ont aucune entrée sur cet endroit dans leurs registres connus.
Je n'avais pas peur. C'est pire que ça. J'avais la sensation que ma peur n'aurait servi à rien. Que peu importe ce que je faisais, ça ne changerait pas grand-chose à ce qui se passerait.|Témoignage recueilli à Mi-Chemin, source anonyme
Rumeurs
Un chercheur de Caer-Nergal est convaincu que le rythme de l'antre a changé. Il était autrefois plus lent. Il accélère depuis environ un an. Il cherche quelqu'un pour aller prendre des mesures précises. Il offre une bonne compensation. Il ne mentionne pas pourquoi il n'y va pas lui-même.
Des empreintes ont été relevées à l'extérieur de l'ouverture. Quelque chose sort, parfois, la nuit. Les anciens qui n'ont jamais quitté le désert savent depuis quand. Ils ne le disent pas à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas encore.
Les Colonnes Sans Ombre
Seize colonnes de pierre noire, disposées en cercle, chacune de la hauteur d'un arbre adulte. La surface est gravée de signes serrés, millimétriques, visibles seulement quand le soleil frappe à un certain angle. Le sol entre elles est sec, propre, sans sable. Comme si le vent ne pouvait pas entrer. Le soleil est à son zénith. Aucune des colonnes ne projette d'ombre.
C'est la caractéristique qui revient dans tous les témoignages, et que les rationalistes peinent à expliquer : les colonnes ne font pas d'ombre. Pas seulement à midi. Jamais. Quelle que soit la position du soleil, quelle que soit l'intensité de la lumière, aucune ombre ne tombe d'elles. L'obscurité ne les intéresse pas, a dit un vieil homme ayant passé quarante ans à guider des caravanes dans le désert, comme si cela expliquait quelque chose.
Les gravures ont été partiellement recopiées par au moins deux voyageurs lettrés. Les deux versions concordent sur la forme des symboles. Aucun linguiste consulté n'a pu les identifier. Pas une langue connue, pas même une dérivée.
Les signes ne sont pas décoratifs. Quelqu'un qui aurait eu assez de temps, et une raison suffisante, a gravé là quelque chose d'important. Je ne sais pas si c'est une instruction ou un avertissement. La différence n'est peut-être pas pertinente.|Extrait d'une lettre non signée, retrouvée dans les affaires d'un voyageur décédé à Tarrhu
Rumeurs
Une faction arcanique offre une récompense pour une copie complète et précise de l'ensemble des gravures. Le commanditaire ne précise pas ce qu'il compte en faire, et décline poliment de répondre à cette question.
Lors de la dernière pleine lune, un berger du Peuple Lézard a vu une lumière au centre du cercle. Brève. Verticale. Comme si quelque chose, ou quelqu'un, était passé à travers. Il ne sait pas depuis quel côté.
La Bibliothèque Submergée
Le sable s'est ouvert sous vos pieds et vous avez glissé avant de pouvoir réagir. Vous êtes dans une salle. L'ouverture au-dessus de vous est encore visible, un rectangle de lumière brûlante. La pièce est grande. Le long des murs, des structures que vous mettez un moment à reconnaître : des étagères. Et sur ces étagères, des objets. Pas des livres. Pas des parchemins. Des formes que vous ne savez pas encore nommer, dans un matériau que vous n'avez jamais touché.
Trois témoignages confirmés d'une bibliothèque souterraine dans le désert, dont deux sont compatibles dans leurs descriptions spatiales. La taille estimée est cohérente : vaste, plusieurs salles selon l'un des témoins. La nature des ouvrages varie selon les descriptions, ce qui peut indiquer des zones différentes de la même structure, ou des confusions de mémoire.
Ce qui ne varie pas : aucun des témoins n'a pu lire quoi que ce soit. Pas parce que les langues étaient inconnues, bien que cela soit probable aussi. Mais parce que la notion de lecture ne semblait pas s'appliquer. Comme si l'information était stockée d'une façon qui nécessitait autre chose que des yeux.
Deux des trois témoins ont rapporté avoir emporté un objet. Les deux ont disparu avant qu'ils ne sortent du désert. L'un d'eux les a sentis se dissoudre dans sa besace, dit-il, sans chaleur, sans résidu.
Ce n'était pas une bibliothèque pour nous. Ça l'était pour quelque chose d'autre. Nous étions des animaux qui étaient entrés dans une maison et regardaient les meubles sans comprendre leur fonction.|Récit de Thevras Ondepied, explorateur, dictée à un scribe de Caer-Nergal, cinq jours avant sa mort
Rumeurs
Contrairement aux deux autres, l'un des témoins prétend que l'objet qu'il a emporté est toujours en sa possession. Il refuse de le montrer à qui que ce soit. Depuis quelques semaines, des inconnus semblent le surveiller.
Les Trois Sèches croient que quelqu'un doté d'un lien particulier avec Les Trames pourrait percevoir le contenu de ces structures d'une façon différente. Elles savent peut-être comment retrouver l'entrée. Elles posent des questions discrètes depuis peu.
Le Gardien Couché
De loin, vous pensiez que c'était une formation rocheuse. La ligne de crête vous semblait simplement curieuse. Plus vous approchez, plus la ressemblance devient impossible à ignorer. Ce n'est pas une crête. C'est une silhouette. Couchée sur le flanc. Immense. La taille d'une colline. Et maintenant que vous le voyez, vous ne pouvez plus le désapprendre.
Mentionné dans les récits les plus anciens du désert sous des noms différents : le Dormeur, l'Étendu, la Masse. Une formation pierreuse d'une taille considérable dont la forme évoque sans ambiguïté un être humanoïde allongé. Ni statue, ni fossile. La roche est cohérente, continue, identique en composition à celle du désert environnant. Et pourtant.
Ce qui est inquiétant n'est pas la forme. C'est que la forme semble changer selon les témoignages. Pas radicalement. Juste assez. La position des bras. L'angle du visage, si c'est bien un visage. Comme si quelque chose, très lentement, au fil des décennies, ajustait sa posture.
Les anciens nés dans le désert appellent l'endroit "là où on ne va pas dormir". Ils ne s'expliquent pas davantage.
Mon grand-père disait que son grand-père disait que la Main était plus basse avant. Que le bras était plus plié. Il ne savait pas si c'était vrai. Moi non plus. Mais je fais attention à ne pas regarder trop longtemps dans cette direction quand je passe la nuit dehors.|Karreem, né dans le désert, Tarrhu
Rumeurs
Une expédition commanditée par un marchand de Caer-Nergal a tenté de cartographier précisément la formation il y a vingt ans. Les notes ont été déposées auprès d'un scribe de la ville. Elles sont incomplètes. L'expédition n'est pas revenue au complet.
Les Trois Sèches ont demandé discrètement, pour la première fois depuis des années, si "la Main avait bougé". Elles ne donnent pas d'explication. Elles semblent vouloir une confirmation, pas une exploration. Le fait qu'elles posent la question du tout inquiète ceux qui les connaissent.
Le Puits des Chaînes
Vous auriez pu passer à côté. Une fissure dans la roche, à peine plus large qu'un homme de côté, encombré de gravats et de blocs effondrés. Rien qui attire l'œil. Mais en vous approchant, vous voyez que les débris ont glissé vers l'intérieur, et non vers l'extérieur. Et autour de l'ouverture, partiellement ensevelis, des bords taillés. Droits. Intentionnels. Ce qui était là avant était beaucoup plus grand. L'air qui remonte de l'intérieur n'est ni chaud ni froid. Il est vieux. Une odeur que vous n'arrivez pas à nommer, minérale et lourde, quelque chose qui n'a pas bougé depuis très longtemps. En dessous, dans l'obscurité, quelque chose luit faiblement. Pas de la lumière. Quelque chose d'autre.
Personne ne sait depuis quand l'effondrement a eu lieu, ni ce qu'était l'entrée avant. Les plus vieux nomades du désert disent qu'elle a toujours été ainsi, que leurs grands-parents la contournaient déjà sans s'y approcher et sans expliquer pourquoi. Elle n'apparaît sur aucune carte. Elle ne porte pas de nom officiel. Ceux qui l'ont trouvée l'appellent le Puits, ou le Trou, ou simplement l'Endroit. La plupart passent à côté sans la voir. Le Puits des Chaînes est un nom qui s'est imposé seul, sans qu'on sache qui l'a prononcé en premier.
Ce qui descend au fond n'est pas un couloir. C'est une cavité, immense, disproportionnée, dont les parois disparaissent dans l'obscurité avant qu'on puisse en estimer la taille. Ceux qui sont descendus assez loin pour voir quelque chose décrivent tous la même chose : des chaînes. Des dizaines de chaînes, forgées dans un métal d'un noir absolu qui n'oxyde pas, ne rouille pas, ne reflète pas la lumière mais l'absorbe. Chacune aussi épaisse qu'un tronc d'arbre adulte. Certaines sont encore ancrées dans la roche des parois, leurs fixations taillées avec une précision qui n'appartient à aucune technique connue. D'autres pendent, libres, leur extrémité brisée nette, comme coupée d'un seul coup depuis l'intérieur.
Au centre de la cavité, là où les chaînes convergeaient, il n'y a rien. Une empreinte dans la roche, large et profonde, dont la forme ne correspond à aucune créature que quiconque puisse nommer. La roche tout autour est polie, usée par quelque chose qui a frotté contre elle pendant une durée que personne ne veut estimer.
La magie qui irradie des chaînes brisées est perceptible sans préparation. Elle ne ressemble pas à de l'arcane ordinaire. Elle est plus ancienne. Plus dense. Comme si la magie elle-même avait été comprimée dans le métal sous une pression insoutenable, et qu'elle cherchait encore, des siècles après, à contenir quelque chose qui n'est plus là.
J'ai touché une des chaînes. Une seule fois, du bout du doigt. Ma main n'a plus voulu partir. Pas parce que quelque chose me retenait. Mon corps refusait. Comme s'il savait quelque chose que moi non. Et puis l'impression est arrivée. Pas une peur ordinaire. Quelque chose d'imminent, d'inévitable, de si terrible que mes genoux ont lâché avant que j'aie le temps de comprendre pourquoi je criais. Quand j'ai enfin retiré ma main, j'ai couru sans regarder derrière moi. L'impression n'est pas partie. Elle a duré des semaines. Elle s'est éteinte lentement, comme une brûlure. Je ne sais toujours pas ce que j'ai failli voir arriver.|Orvyn Dasshelk, prospecteur, témoignage recueilli à Caer-Nergal
Rumeurs
Un mineur de Fernoir qui s'est aventuré dans la cavité est remonté avec un fragment de chaîne brisée, à peine plus long que son doigt. Il ne l'a pas montré à son employeur. Il l'a enterré à trois jours de marche du désert. Il refuse d'expliquer pourquoi, mais il vérifie régulièrement que l'endroit est intact.
Un vieil homme de Tarrhu, né dans le désert comme son père et le père de son père, interrogé sur le Puits, a répondu qu'il y était allé une fois, très jeune, avec son père. Son père n'avait rien dit pendant tout le trajet du retour. Le soir, au feu, il avait seulement dit : "Bien. Maintenant tu sais ce que ça fait d'être soulagé sans savoir pourquoi." Il n'avait jamais voulu expliquer davantage.
Un scribe de Caer-Nergal spécialisé dans les textes anciens jure avoir lu, dans un document dont il a perdu la trace, une description d'un lieu dans le désert qualifié d'"ancrage premier". Il ne se souvient plus des détails. Il ne se souvient plus non plus comment il avait obtenu ce document, ni à qui il appartenait.
Rumeurs générales
Un cartographe de Caer-Nergal prétend avoir identifié des points communs dans les témoignages qui permettraient de localiser plusieurs de ces lieux. Il cherche des financements. Ses calculs semblent solides. Son état mental, depuis quelques semaines, moins.
Un éclaireur de retour dans les Terres Libres affirme que la Bibliothèque Submergée et la Salle des Soixante-Douze Seuils sont le même lieu, vu de deux accès différents. Personne n'a encore pu confirmer ou infirmer cette théorie.
Les Spectres de Lune évitent certaines zones du désert. Leurs routes, habituellement imprévisibles, semblent contourner des zones vides sur les cartes. Des zones qui correspondent, à peu près, aux emplacements suggérés par les témoignages les plus précis.
Une vieille femme de Combose, qui ne voyage plus depuis vingt ans, affirme que le Gardien Couché, la Bibliothèque Submergée et les Colonnes Sans Ombre portaient autrefois un seul nom, dans une langue qu'elle n'a jamais apprise. Elle l'a rêvé. Elle ne sait pas ce qu'il signifie, mais elle dit qu'il ne se traduit pas bien.